"Oui, nous sommes heureux. Nous goûtons une vraie joie. Celle que Saint François appelait la "joie parfaite"; cette joie d'autant plus profonde qu'elle est nourrie d'épreuves, de fatigues, d’épuisement parfois, de ras-le-bol général mais aussi, au-delà de tout ce qui aurait pu nous faire craquer, de cette possibilité, enfin, de vivre un peu de cette radicalité et de cet abandon auxquels le Christ ne cesse de nous appeler, de cette certitude que Dieu nous a voulu ici et qu’il nous donne tout ce dont nous avons besoin pour tenir. La croix et la joie. "

J'emprunte ces quelques lignes à Amaury Guillem, auteur de Ceux du 11ème étage (un super bouquin d’ailleurs!) dans lequel il décrit son quotidien dans les quartiers Nord de Marseille, en famille. Animé d’une foi profonde, il met en exergue ce qu’il est difficile de comprendre pour beaucoup: la joie profonde que connaissent ceux qui ont la chance de vivre la radicalité dans leur vie. A fortiori quand ils l’ont choisie. Ce qui n’est pas notre cas, mais « God knows what he is doing »…

Cette radicalité, nous la vivons nous aussi, certes malgré nous. Elle nous éclabousse en pleine face quasiment chaque semaine, quand nous apprenons via Facebook la mort d'un des "potes" de Gaspard, atteint de la maladie de Sandhoff ou de Tay-Sachs.  Mais elle nous comble de l’essentiel, sans pour autant nous épargner les croix du quotidien.  Mais elle nous permet de vivre fièrement, comblés de grâces, une vie extra-ordinaire.

Plus jeune, nous rêvions avec Marie-Axelle de ne pas avoir une vie de patachons, sans saveurs ni vrais élans, sans transcendance. Jusqu’ici, ma vie d’officiers, les Opex en Afghanistan ou au Mali, les naissances des enfants nous avaient comblés. Mais aujourd’hui, c’est Gaspard qui met au cœur de notre vie de famille, au quotidien, cette nouvelle transcendance. Et chacun sait à quel point notre génération a besoin de donner du sens, au milieu d’une société de la consommation, de l’hédonisme et de l’individualisme. Pour nous c’est plus simple, pas besoin de chercher bien loin. Il est là, devant nous, nous abreuvant de son amour silencieux et nous demandant d’être pour lui des parents amoureux, souriants, joyeux, confiants, pleinement engagés,  et pas trop stressés/stressants.

Et finalement, nous avions sans doute besoin de ce nouvel élan pour avancer. Et nous avançons, tous les 6. Les préparations de nos 10 ans de mariage et de la première communion de Sibylle sont menées d’une main de maitre par Maxou. La préparation du concours de l’école de guerre avance aussi, dans un stress relativement maitrisé, à de rares exceptions…  Et Gaspard aura peut-être très bientôt une place, un jour par semaine, à la Fondation Paul Parquet à Neuilly. En outre, il va très bien en ce moment, ce qui nous permet de profiter largement de nos amis et de nos familles et de faire quelques gueuletons/mariages/chouilles dont nous sommes si friands !

Merci pour vos pensées/prières. Nous sommes certains qu’elles participent à notre joie. Biz.

Benoit