Mon petit garçon,

Une nouvelle année commence pour nous 6. Difficile d'imaginer qu'elle sera "bonne", sans peines ni souffrances. Tout là-haut, il n'a pas été décidé qu'il en serait ainsi.

Au contraire, tu t'affaibliras un peu chaque jour, tu respireras sans doute de moins en moins bien, tes moments d'éveil se feront de plus en plus rares, et tu seras de plus en plus silencieux. Chaque nuit, nous nous endormirons encore, ta maman et moi, avec une inquiétude qui ne cessera de grandir. Tout simplement parce que ta maladie ne nous laisse pas le loisir d'espérer autre chose.

Pourtant, mon petit gars, je te promets que cette année, nous serons chaque jour plus forts et plus courageux que la veille, que j'aimerai ta maman chaque jour un peu plus, que nous nous battrons pour que tu ailles le mieux possible, pour que tes frères et sœurs aient la plus belle vie possible, et qu'elle soit pleine de joie, de rires et d'Amour. Nous ferons chaque jour en sorte d'être heureux, sans espérer que demain soit meilleur.

Ce que tu as semé dans nos 5 petits cœurs, c'est une espérance bien plus grande que celle d'espérer la réussite matérielle ou professionnelle, plus grande que d'espérer "réussir" notre vie. Ce que tu as semé en nous, c'est le désir d'aimer chaque jour davantage, le désir de remplir nos vies de l'essentiel: t'aimer, nous aimer, et aimer tous ceux que la vie place sur notre chemin. Modestement, mais sincèrement. Avec l'aide de tous ceux qui veillent sur nous.

Alors, Gaspard, nous te souhaitons une année 2016 emplie de douceur, de tendresse et de bisounes. Et, si jamais tu devais monter au Ciel avant les vœux 2017, garde-nous en paix. On se reverra Là-haut.

Merci d'avoir fait de nous de grosses chochottes, merci pour nous avoir permis de vivre une année 2015 extra-ordinaire, à la mesure du désir que nous avions, le jour de notre mariage, de vivre une vie sans tiédeur ni demi-mesure.

Nous sommes si fiers de toi.

Papa et maman.

 

Lettre écrite par Benoit, publiée hier sur la page Facebook de Gaspard